—Vous êtes souffrant monsieur; il serait imprudent de vous mettre en route en pareil état...
—Le roi le veut, murmura don Fernando.
—Sans doute, fit don Paëz, le roi veut que vous escortiez les prisonniers que j’enverrai. Mais...
—Mais? demanda don Fernando avec hésitation.
—Je ne les enverrai point, répondit froidement don Paëz, ils demeureront ici.
Don Fernando parut étonné et jeta un furtif regard sur Aben-Farax et ses frères.
Don Paëz surprit ce regard et un éclair jaillit de son œil:
—Don Fernando, dit-il d’une voix: railleuse, vous êtes pâle et hâve comme un mort qui ressuscite, ou un homme de loi tel que messire le chancelier; vous souffrez, mon cher sire, et nous sommes exposés ici à tous les vents de l’Espagne, rentrez donc chez vous au plus vite:—l’Albaïzin et le roi feraient une perte trop cruelle si vous mouriez de vos blessures.
Don Fernando salua froidement et sortit.
Alors don Paëz se tourna vers Aben-Farax et lui dit: