Et une sueur glacée inonda le front de don Paëz.

—Pourtant, reprit-il, j’ai foi en mon étoile, pourtant je dois être si grand un jour, si j’en crois la voix secrète du destin, qu’une couronne descendra du ciel ou montera de l’enfer sur mon front... Cet homme est un imposteur!... Ou bien, acheva-t-il, illuminé soudain, ou bien me serais-je trompé, et cette couronne que j’attends de l’Espagne me viendrait-elle d’ailleurs?

Attendons! ce mot est le talisman de la vie.

Le jour venait, don Paëz, enveloppé dans son manteau, regagna ses appartements.

Les escaliers étaient déserts à cette heure, les sentinelles sommeillaient çà et là sur leurs hallebardes; don Paëz traversa un obscur corridor, le front penché et absorbé dans une méditation profonde; aussi n’aperçut-il point un homme immobile et dissimulé dans l’ombre qui dardait sur lui un œil étincelant et le suivit du regard jusqu’à ce que la porte se refermât sur lui.

C’était encore don Fernando y Mirandès, pâle et frissonnant de fièvre sous son manteau brun:

—Don Paëz, murmura-t-il, tu viens de faire évader un prisonnier de guerre, te voilà coupable de haute trahison... et nous te tenons enfin!

CHAPITRE DOUZIÈME