—Frère, lui dit-il avec émotion, demain il serait trop tard, il faut fuir cette nuit même.

—Fuir! exclama don Paëz.

—Préfères-tu l’échafaud?

—L’échafaud! l’échafaud pour moi! As-tu perdu la raison?

—Tiens! dit Hector d’une voix brisée en brisant le scel du parchemin, lis.

Don Paëz frissonna une seconde, puis il lut d’une voix calme et forte:

«Nous, Philippe II, roi des Espagnes, des Indes, etc... etc..., à notre féal don Fernando y Mirandès, salut!

Notre volonté royale est qu’au reçu des présentes lettres, vous preniez le commandement suprême des forces de l’Albaïzin, fassiez jeter en prison le gouverneur don Paëz que nous déclarons, sur notre foi de roi, coupable de haute trahison, assembliez un conseil de guerre, afin que le traître soit jugé, condamné et mis à mort dans le plus bref délai.

«Fait en notre palais de l’Escurial, etc.

«Philippe, roi.»