—Vous avez reçu des ordres du roi?

—Oui, messire, répondit don Paëz avec dédain, et ces ordres sont de mettre à mort les traîtres.

Don Fernando recula. Soudain don Paëz frappa sur un timbre, au son duquel accoururent les lansquenets de garde dans ses antichambres.

—Emparez-vous de cet homme! cria-t-il, c’est au nom du roi.

Don Fernando porta la main à son épée.

—S’il résiste, tuez-le! ajouta don Paëz impassible.

Don Fernando, pâle et tremblant comme tous les traîtres, se laissa garrotter. Alors don Paëz lui dit:

—Vous me vouliez envoyer à l’échafaud, mon maître, et vous n’avez point réussi; mais je vous donne ma parole de gentilhomme que j’aurai, moi, la main plus sûre, et que vous serez pendu avant demain.

—Monseigneur, cria le capitaine des lansquenets par la porte entrebâillée, nous sommes prêts.

—Très bien! répondit don Paëz, gardez avec soin cet homme, et dans le premier bois que nous traverserons, vous chercherez un arbre d’une belle venue qui lui puisse servir de potence.