—Et le double de ce que pourrait la payer le roi d’Espagne?

—Elle serait à vous, monseigneur, à vous que nous aimons bien mieux que ce roi avare et morose qui nous fait boire de mauvais vin quand nous sommes de garde à l’Escurial.

—Eh bien! tope! dit don Paëz, je vous prends à ma solde.

—Pour combien d’années?

—Autant qu’il en sera nécessaire pour rétablir un roi maure sur le trône de Grenade.

Le lansquenet recula stupéfait:

—Que voulez-vous? dit froidement don Paëz, le roi me traite maigrement et m’occasionne force misères; je prends le parti de rendre le mal pour le mal, et je le veux empêcher de dormir. Je ne suis pas Espagnol, moi, et on ne m’accusera point de trahison, je suppose?—Allez, mon maître, allez faire monter vos hommes à cheval. Je vous suis.

—Et où allons-nous?

—Rejoindre le roi Aben-Humeya qui est campé à dix lieues d’ici.

Le lansquenet sortit; presque aussitôt don Fernando entra, regarda attentivement Hector, et dit à don Paëz: