Don Paëz se pencha sur le lit de repos, y prit la gitana, dont les dents claquaient d’effroi, et l’enlaçant de ses bras nerveux:

—Venez! lui dit-il.

Mais, à son tour, elle se leva et, courant à don Fernand, dans le sein duquel elle cacha sa tête en feu:

—Je ne veux pas fuir! dit-elle, je veux mourir avec toi, mon Fernand!

—Fuis, ma sœur, répondit le fier jeune homme; il faut que don Paëz soit roi!

—Mon Dieu! s’écria-t-elle, fuis donc avec nous, Fernand!

—Cela ne se peut, dit-il avec calme; si demain don Paëz se trouve dans le même cas que moi aujourd’hui, il mourra à son poste... car demain il sera roi.

La gitana se tordait les mains avec désespoir.

L’ennemi approchait toujours, le bruit de la mousqueterie augmentait et devenait strident... il n’y avait pas une minute à perdre.

—Bientôt il sera trop tard, dit vivement le roi maure, prends cette torche, Paëz, et fuis!