—Je ne suis pas Irlandaise de naissance, répondit mistress Fanoche, mais simplement d'origine. Mon grand-père était Irlandais. Nous sommes restés catholiques, j'ai même beaucoup souffert, car feu master Fanoche, mon époux, que Dieu lui pardonne! m'a rendue bien malheureuse, à propos de ma religion.

Sur ces mots, mistress Fanoche passa ses mains couvertes de bagues sur ses yeux, essuyant une larme absente.

—Et vous allez à Saint-Gilles? reprit-elle.

—Oui, madame.

—Chez des Irlandais?

—Oui, madame. Chez un nommé Patrick.

—Dans Lawrence-street?

—Précisément.

Tandis que l'Irlandaise parlait ainsi, elle n'avait point remarqué une femme grande, sèche, non moins ridiculement accoutrée que mistress Fanoche, qui s'était approchée peu à peu et avec qui la prétendue maîtresse de pension avait échangé un furtif regard.

La grande femme sèche tira de sa poche un carnet et un crayon et tandis que mistress Fanoche continuait à absorber l'attention de l'Irlandaise, elle écrivit à la hâte les mots de Saint-Gilles, de Patrick et de Lawrence-street.