—Oui, lui répondis-je en pleurant.

Quelques jours après, l'Irlande était en feu de nouveau.

Les villages se révoltaient un à un, et les troupes royales étaient battues sur plusieurs points.

Mais avec de l'or on a des soldats et l'Angleterre a de l'or; et quand un soldat est tombé, elle le remplace; et quand les premiers et les seconds sont morts, les troisièmes arrivent; et quand l'Angleterre veut, m'a-t-on dit, elle couvre l'Océan de ses vaisseaux.

L'Irlande a des soldats, mais elle n'a pas d'or. Elle n'a même pas de pain.

Cependant elle résista longtemps encore; mais le pauvre Irlandais qui tombait n'était pas remplacé, et comme dans la lutte ils étaient un contre cent, la victoire, une fois de plus, resta aux dominateurs de l'Irlande.

Qu'était-il devenu, lui?

Je pris mon fils dans mes bras, je m'en allai à pied, sous le soleil et sous la pluie, jusque dans cette grande ville qu'on appelle Dublin.

Une foule immense parcourait les rues; les tambours battaient, les cloches sonnaient, et quand je demandai pourquoi tout ce monde et tout ce bruit, on me répondit:

—C'est la sentence de mort, prononcée par la haute cour martiale, qu'on va mettre à exécution.