Tel était celui qui s'aventurait ainsi dans le Black-horse, c'est-à-dire dans la taverne du Cheval-Noir, et dont l'apparition avait fait tressaillir l'abbé Samuel.
—Hé! hé! monsieur l'abbé, dit Thomas Elgin en s'avançant vers le prêtre, si l'on m'avait dit hier soir que je vous trouverais ici en semblable compagnie, je me serais mis à rire.
—Monsieur, répondit le prêtre avec dignité, les gens de mon ministère vont partout où leur devoir les appelle.
—Mille pardons, si je vous ai blessé, monsieur l'abbé, reprit Thomas Elgin d'un ton dégagé; je n'en avais pas l'intention, croyez-le bien. Et puis, ces choses-là ne me regardent pas... J'ai tort de m'en mêler... Pardonnez-moi... pardonnez-moi.
A propos, je viens pour ma petite affaire... Je me suis présenté souvent à votre domicile, mais il paraît que les prêtres catholiques sont fort occupés, qu'on ne les trouve jamais...
—Monsieur, dit l'abbé Samuel, ce que vous dites-là est vrai pour moi depuis une quinzaine de jours. J'ai passé deux semaines au chevet d'un mourant, ne le quittant que pour aller dire ma messe.
—Ce qui fait que depuis quinze jours, vous n'êtes pas rentré chez vous.
—En effet.
—Vous avez tort, monsieur l'abbé, grand tort...
—Pourquoi?