—Plaît-il? fit la jolie espiègle. Est-ce que vous lui amenez un Français?
—C'est ta jolie bouche qui vient de le dire, ma chère, répondit le recors.
Et il prit le verre de porter que la servante lui apporta sur le comptoir, avant même qu'il n'eût fait un signe.
—Allons, mon brave vieux, disait l'autre recors au pauvre débiteur que sa fille tenait étroitement enlacé dans ses bras, buvez un coup, c'est nous qui payons, puisque vous n'avez pas d'argent. Une fois n'est pas coutume.
—Je n'ai pas soif, balbutia le malheureux, qui rendait à son enfant caresses pour caresses.
Mais alors, l'homme gris intervint.
—Hé! camarades, dit-il dans le plus pur anglais qu'on eût jamais parlé au bord de la Tamise, ce n'est pas vous qui payerez cette fois, c'est moi, et vous me permettrez de vous offrir une bouteille de vin de Porto.
Les deux recors regardèrent cet homme à l'habit gris râpé avec un certain étonnement.
—Miss Katt, dit l'homme gris sans se déconcerter, en s'adressant à la servante du public-house, voulez-vous avoir la gracieuseté de nous servir au parloir?
Miss Katt regarda, elle aussi, l'homme gris, tandis que les autres personnes qui se trouvaient dans le public-house se montraient non moins étonnées de cette générosité princière.