Cette maison était celle d'un libraire.

Ce libraire, en bon chrétien qu'il était, avait fermé sa boutique, mais il avait laissé ouverte une petite porte dans la devanture, placée auprès d'une chaise sur laquelle il s'était assis, et il s'était mis à lire la Bible.

Le dévot libraire n'était pourtant pas détaché des choses de ce monde au point de se réfugier complètement dans sa lecture.

Il était quelque peu curieux.

Un passant lui donnait des distractions, une voiture qui roulait, une porte voisine qui s'ouvrait, lui faisaient lever le nez.

Quand le cab qui amenait l'homme gris s'était arrêté, le libraire avait posé sa Bible sur son genou et regardé ce dernier.

Comme le cabman, il avait fait cette réflexion que c'était un rough, bien certainement, c'est-à-dire un homme de la lie du peuple, que cet homme qui entrait ainsi dans cette somptueuse demeure.

Cette maison avait, du reste, deux portes, une petite et une grande: une réservée aux piétons, une autre qui s'ouvrait dans le milieu pour livrer passage aux voitures et aux chevaux.

Au bout d'une heure donc, cette dernière s'ouvrit à son tour, sous l'effort de deux valets en livrée rouge et argent, portant culotte courte, bas de soie et perruque poudrée.

Ce fut un nouveau prétexte pour le libraire de quitter la Bible et de lever les yeux.