Et il rejoignit l'Américain qui l'attendait, au coin de la rue, assis sur une borne.

XX

Retournons maintenant dans le Brook street.

Il est nuit, un brouillard épais couvre Londres. Le Brook street est désert, en apparence du moins.

C'est à huit heures en été, à six heures en hiver, que le Brook street est bruyant.

C'est le moment où les voleurs se réunissent, échangent un mot d'ordre et se répandent ensuite dans la grande ville.

Dès lors, jusqu'au lendemain matin, cette petite rue, ces cours et ces passages infects où la police n'ose pénétrer qu'en force, offrirent l'aspect d'une nécropole.

A peine, çà et là, rencontrera-t-on un invalide du crime que ses enfants nourrissent et qui est trop vieux pour aller en expédition; une femme qui allaite son marmot, un enfant dont les parents sont en prison et qui pleure sous une porte.

Ce soir-là, pourtant, le Brook street présentait une physionomie différente.

Certaines maisons étaient éclairées, et des ombres glissaient silencieuses au travers du brouillard.