Quand elles passaient devant la maison de Bulton, elles montraient du doigt une fenêtre d'où partait une vive lumière et semblaient se dire:

—C'est là!

C'était là, en effet, que Suzannah blessée et peut-être agonisante était couchée sous la garde d'une escorte de policemen.

Le bandit parisien ne recule devant aucune extrémité et les habitués des carrières d'Amérique jouent aisément du couteau.

Le voleur anglais est plus circonspect.

Mille fois plus sûr de son adresse que de son courage, il a établi avec l'homme de police une lutte d'ingéniosité, et on dirait volontiers de courtoisie.

S'il est pris, il se soumet et n'engage pas un combat inutile. Il sait qu'il ira au moulin, mais il voit Newgate, et la seule chose que craigne un Anglais, c'est la potence.

Tout cela explique comment une demi-douzaine de policemen avaient pu s'installer dans la maison de Bulton, au milieu du Brook street, sans être inquiétés.

Quand les ombres mystérieuses dont nous parlons s'étaient montré la fenêtre, elles continuaient leur chemin.

Au bout du Brook street, à gauche, il y a une cour noire, triste, déserte, dans laquelle s'élève une petite maison depuis plus d'un siècle.