Cette maison est un monument; c'est la pagode du Brook street, le temple de ce singulier quartier; c'est la demeure du Cartouche anglais, de Jack Sheppard, mort au champ d'honneur, c'est-à-dire sur l'échafaud, il y a déjà plus d'un siècle.
Les voleurs l'ont conservée intacte.
Ils se la montrent avec respect; de génération en génération, ils se transmettent la légende historique de celui qui l'habita.
Quand un enfant est né dans le Brook street, on le porte en grande pompe sous le porche de la maison et les vieillards lui disent:
—Puisse-tu ressembler à Jack Sheppard!
C'est là le baptême du voleur en herbe.
Cette nuit-là, c'était en cette maison que, deux par deux ou une par une, se dirigeaient les ombres qui traversaient le brouillard.
Elles arrivaient à la porte, frappaient trois coups et la porte s'ouvrait et se refermait aussitôt.
Le brouillard anglais, qui est rouge, donne à toutes choses une forme fantastique.
On aurait donc pu croire que c'était, non des hommes, mais des fantômes.