Il faisait inscrire un à un tous les prisonniers recrutés dans les différentes cours de police.

Arrivé au dernier, le greffier étendit la main vers un cordon de laine verte qui pendait au-dessus de son pupitre et qui correspondait à une sonnette.

Au bruit de la sonnette, une porte s'ouvrit au fond du greffe, et un homme qui portait l'uniforme de la prison et sur sa manche un galon d'argent, entra, suivi de quatre autres gardiens, évidemment sous ses ordres, car leur manche était veuve de tout insigne. Alors le greffier, d'une voix monotone, comme un prêtre qui psalmodie, lui donna lecture du registre d'écrou et ne s'aperçut pas que le policeman aux cheveux roux et lui échangeaient un regard d'intelligence.

Cette lecture terminée, le greffier se souvint de la recommandation de M. Booth, et il la transmit au gardien-chef.

Celui-ci répondit:

—On ne met jamais les condamnés au moulin que le lendemain de leur entrée.

On visitera l'enfant demain matin et on fera ce qu'ordonnera le médecin.

Puis il échangea un dernier regard avec le policeman et dit aux prisonniers:

—Allons, vous autres, en avant!

Ralph, à son tour, jeta un dernier coup d'oeil sur le policeman qui lui avait parlé de sa mère, puis il suivit les gardiens qui l'emmenèrent à l'intérieur de la prison.