La vie du condamné commençait pour lui.
On le conduisit dans une grande salle au milieu de laquelle il y avait une cuve pleine d'eau tiède.
Là il fut déshabillé des pieds à la tête et on le plongea dans la cuve à deux reprises différentes.
Après quoi on le revêtit du costume de la prison, qui consiste en un pantalon gris et une veste brune bordée de jaune.
Dans le dos de la veste, comme sur le bonnet de police qu'on donne aux condamnés, il y a un numéro se détachant sur un carré blanc.
La veste et le bonnet qu'on donna à Ralph portaient le chiffre 31.
Ralph, désormais, n'était plus un homme. Il s'appelait le n° 31.
Et quand, une heure après, il se vit enfermé dans une cellule, couché sur un lit de sangle, lorsqu'il se trouva seul enfin, l'enfant qui avait été homme un moment, sentit son coeur s'emplir d'épouvante et de désespoir, et il se prit à fondre en larmes, murmurant:
—Ma mère! ma mère!
Dans le corridor retentissait le pas égal et monotone d'un gardien de nuit.