La grande préoccupation du gardien-chef et de John Colden était moins de le terrasser que de l'empêcher de crier, car au moindre bruit on pourrait accourir, et alors tout était perdu.
De telle façon que M. Bardel, qui le serrait à la gorge, ne songea point à lui prendre les bras, et oublia que M. Whip portait toujours sur lui un poignard, avec l'autorisation du gouverneur, depuis un certain jour où une révolte avait éclaté dans le tread-mill et où on avait voulu l'assassiner.
A demi étranglé, M. Whip eut cependant l'énergie de tirer son poignard avec un de ses bras demeuré libre.
—Frappe! répétait M. Bardel à John Colden.
Mais, en ce moment l'Irlandais jeta un cri étouffé.
M. Whip l'avait prévenu en frappant le premier.
—Ah! canaille! murmura John Colden, qui eut la force de riposter.
Cette fois M. Whip ne cria plus, ne se débattit plus.
M. Bardel, qui le serrait toujours à la gorge, le sentit s'affaisser lourdement dans ses bras.
Le poignard de John Colden l'avait frappé au coeur.