Donc, ce matin-là, la cloche se fit entendre comme à l'ordinaire; mais M. Bardel ne sortit point de sa cellule.
Sur les quatre gardiens qui avaient dû prendre le service à minuit, trois seulement apparurent à l'extrémité de leur corridor respectif.
Des quatre qui avaient dû se coucher à minuit, trois seulement encore sortirent enfin de leur cellule et tous les six se regardèrent avec un certain étonnement.
Pour bien faire comprendre ce qui allait se passer, il est nécessaire de donner certains détails.
Il y avait donc un corridor par cylindre, avec des numéros correspondants.
Il y avait aussi deux gardiens par corridor, lesquels étaient toujours affectés au même service.
Chacun des deux avait une clef qui ouvrait à la fois sa cellule, la porte de son corridor et celle du préau, mais qui ne pouvait ouvrir ni la porte de la cellule voisine, ni celle d'un des autres corridors:
Seul, M. Bardel, le gardien-chef, avait une clef, vrai chef-d'oeuvre de serrurerie, qui ouvrait toutes les portes indistinctement, hormis cependant la grille de master Pin.
Il est vrai que le gouverneur de la prison avait, lui, une clé qui ouvrait tout, même la grille du portier-consigne.
Or donc, le gardien de nuit du corridor n° 1 sortit en entendant sonner la cloche, et vint frapper à la porte de la cellule qui portait également le n° 1, afin d'avertir son camarade.