Le moulin à son personnel, ses gardiens; il est une prison dans une autre prison.

Le matin, c'est le moulin qui se fait entendre le premier.

Quand son tic-tac monotone et sinistre commence à retentir, les charpentiers et les forgerons se mettent à l'oeuvre et on distribue de l'étoupe aux autres prisonniers.

Ce matin-là, chose bizarre, le moulin ne se fit pas entendre tout d'abord.

Cependant on avait entendu la cloche, et le gardien-chef avait dû ouvrir les cellules des condamnés.

Il y avait, dans le bâtiment affecté au service du moulin, quatre corridors cellulaires, autant de corridors que de cylindres, lesquels venaient aboutir perpendiculairement à une sorte de rond-point à coupole assez élevée.

Sur ce rond-point ouvraient cinq portes.

Ces cinq portes étaient celles des logis réservés aux gardiens, lesquels étaient deux par deux, sauf le gardien-chef qui occupait une cellule à lui tout seul.

Quand les condamnés étaient couchés, quand le gardien-chef, M. Bardel, avait fait son inspection accoutumée et fermé toutes les cellules, y compris celles des ouvriers détenus provisoirement à Bath square, le gardien de nuit prenait son service et son compagnon se couchait.

A six heures du matin, M. Bardel se levait, ouvrait à la fois la porte des quatre corridors et on faisait lever les condamnés.