J'entrai comme dame de confiance dans une maison de commerce.

Ce que je gagnais, réuni à ma pension, me permit d'élever mon fils et de lui donner de l'éducation.

A seize ans, il avait acquis une instruction suffisante pour entrer dans une maison de banque et y toucher cent livres d'appointement.

Alors le cher enfant me dit!

«—Je ne veux plus que tu travailles, mère, c'est à mon tour.»

Nous vînmes nous établir ici, dans cette maison, parce que nous connaissions M. Colcram, le propriétaire, qui avait également servi dans la marine et était un ami de mon mari.

Ah! cela n'a duré que deux années, mais pendant ces deux années, monsieur, j'ai été la plus heureuse des femmes.

Mon Dick était laborieux, rangé, affectueux; il ne vivait que pour moi et l'avenir était gros d'espérances pour nous deux.

Hélas! le vent de la fatalité devait souffler bientôt sur nous.

Un soir, M. Colcram, notre logeur,—il crut bien faire, le pauvre homme,—vint nous voir tout joyeux, et dit à mon fils: