—John Colden, dit alors l'homme gris se servant du langage dont il venait de parler, il faut sauver M. Bardel. Il faut répondre au gouverneur, dire que M. Whip était coupable et que M. Bardel était innocent.
—S'il en est ainsi, répondit John, c'est facile; car j'ai déjà deviné ce qui se passait et j'ai imaginé une bonne histoire.
—Il dit, répondit le prétendu M. Simouns que si on veut lui promettre de le traiter avec douceur et lui donner un verre de grog, car il a bien soif, il dira toute la vérité.
—Accordé, dit le gouverneur. On le traitera comme tous les malades, et ce n'est que lorsqu'il sera rétabli qu'on le livrera à la justice pour qu'il soit statué sur son sort.
John leva sur le gouverneur un regard reconnaissant.
L'homme gris lui dit encore, en patois irlandais:
—Tâche de compromettre un certain Jonathan, qui est un gredin et un ennemi personnel de M. Bardel.
—Ce sera fait, répondit John Colden.
—Que dit-il? fit de nouveau le gouverneur.
—Il dit, répondit l'homme gris, qu'il croit sa blessure mortelle et qu'il espère qu'on le laissera mourir en paix ici, au lieu de le livrer à Calcraff.