«Il n'y avait pas plus de raison d'ajouter foi au récit de l'ouvrier irlandais qu'à celui du gardien Jonathan qui le contredisait de point en point.

M. Simouns, ce précieux détective qui nous est venu de Liverpool, a débrouillé cette énigme.

Il a d'abord découvert la maison qui avait servi à préparer l'évasion, la corde dont on avait fait usage, et enfin, une jeune fille, locataire de ladite maison, qui a pu donner plusieurs détails fort importants, un, entre autres, sur l'agent qui a succombé et qu'elle a vu venir dans la maison, une heure auparavant, et s'entretenir à voix basse avec la fille Suzannah.

Cependant M. Simouns, que le gouverneur accompagnait dans ses investigations, ne s'est point contenté de ces preuves de l'innocence du gardien-chef, M. Bardel.

Il a voulu plus encore, l'argent qui avait dû payer la trahison du gardien Whip.

Cet argent, il l'a trouvé.

Après avoir vainement sondé tous les murs et le plancher, mais dominé par la conviction que si l'argent existait, il était dans cette maison, M. Simouns a fini par découvrir qu'une des solives du plafond sonnait le creux.

La solive a été forcée par un outil de menuisier et une liasse de bank-notes s'en est échappée.

Il y avait mille livres rondes, et l'un des billets étaient jaspé de quelques gouttes de sang qui attestaient le dernier haut-fait de Bulton, ce bandit redoutable dont nous parlions dernièrement et qui est maintenant à Newgate, d'où il ne sortira, espérons-le, que pour monter sur la plate-forme qui chavire, pour nous servir de l'expression populaire si terriblement pittoresque.

M. Simouns tenait enfin la preuve matérielle qu'il avait cherchée avec tant de persévérance.