Et il se mit à le déshabiller.
En un tour de main, Shoking fut débarrassé de ses guenilles, chaussé de pantoufles de liége, enveloppé dans un peignoir de toile fine, et il n'avait pas eu le temps de crier ouf qu'il était dans le bain.
—Pendant ce temps-là, dit alors le valet, je vais peigner et coiffer Votre Honneur.
Et il se mit à la besogne.
Shoking le laissa faire et il éprouva des voluptés infinies à sentir ses membres se dilater sous la douce chaleur du bain, tandis qu'un peigne courait dans ses cheveux blonds et déjà grisonnants.
Un quart d'heure après, Shoking sortait du bain. Ses loques avaient disparu.
Mais il y avait sur une chaise de beaux habits tout neufs, une chemise de batiste, une cravate blanche, un gilet à boutons de métal, et le valet, impassible, se mit à l'habiller aussi gravement que s'il n'eût jamais fait autre chose.
Puis, la toilette terminée, il le conduisit devant une grande glace à pivot mobile.
Et Shoking recula ébloui.
Il avait l'air d'un pair d'Angleterre, il était frisé, parfumé, tiré à quatre épingles, et sa longue figure famélique avait même un air de singulière distinction.