Il était mort avec calme, avec résignation, après avoir demandé pardon à Dieu et adressé à la foule quelques paroles touchantes.
Le bon sous-gouverneur de Newgate, sir Robert M..., qui était l'expansion même, n'avait pas manqué de proclamer que le repentir du condamné était l'oeuvre d'une des dames des prisons, et la popularité de cette oeuvre pieuse s'en était accrue.
Donc, Bulton avait été pendu le matin.
John Colden, après le départ du gardien qui était venu lui annoncer que l'heure de son jugement était arrivée, et qui avait refusé de lui donner aucune explication, John Colden avait deviné la vérité.
—Aujourd'hui c'était le tour de Bulton, s'était-il dit. Bientôt ce sera le mien.
L'Irlandais se leva avec résignation, s'habilla, prit, comme de coutume, son repas du matin et attendit que l'on vînt le chercher.
A dix heures précises, la porte de sa cellule se rouvrit.
Cette fois, sir Robert M... en personne se présenta.
—Allons, mon garçon, dit-il, un peu de courage. C'est le moment le plus dur. Le reste n'est rien.
—Je suis prêt à vous suivre, dit John Colden.