Pendant les derniers jours qui précèdent l'exécution, le condamné devient le sujet de toutes les conversations, soit dans les tavernes et les public-houses, soit chez les pâtissiers et les marchands d'huîtres.

Au Wapping et dans White Chapel, on ne parle plus d'autre chose.

Le condamné, deux ou trois jours avant sa dernière heure, devient le lion du moment.

Ceux qui l'ont connu racontent sur lui une foule d'anecdotes, ceux qui ont eu le bonheur de pénétrer dans l'enceinte réservée au public, le jour de la cour d'assises, se complaisent à répéter les arguments de l'attorney général et la plaidoirie du solicitor, et le petit discours que le juge, en prononçant la peine de mort, a fait, les larmes aux yeux, au condamné.

En Angleterre, le pari est tellement dans les moeurs, que le moindre événement est un prétexte à gageures.

On engage donc des paris sur le jour de l'exécution, l'heure, la température du moment, le courage ou la faiblesse du condamné.

Mourra-t-il bien ou mal?

Telle est la question.

Un pari formidable s'était engagé là-dessus, au Blak-horse, le public-house fameux que nous connaissons, et dans la cave duquel trônait majestueusement mistress Brandy.

C'était le six janvier, et l'exécution devait avoir lieu le huit.