Il recevait tous les matins la visite de sir Robert, le sous-gouverneur, qui lui témoignait de l'amitié et ne cessait de lui dire qu'on s'exagérait beaucoup l'importance du dernier supplice et que cela n'avait absolument rien d'effrayant.
John Colden souriait avec mélancolie et se bornait à répondre:
—Je saurai mourir.
Enfin la veille de l'exécution était arrivée.
La dernière journée d'un condamné est peut-être moins lugubre et moins monotone que celles qui la précèdent.
Dès huit heures du matin, il reçoit la visite du prêtre d'abord, ensuite du gouverneur; puis, dans le courant du jour, ce sont les dames des prisons qui viennent lui apporter des consolations.
Enfin, vers le soir, les deux élèves de Christ's hospital, chargés de remplir le voeu du roi Edouard VI, viennent à leur tour.
Cette dernière visite est peut-être celle qui touche le plus le malheureux qui va mourir.
L'enfance a des accents, des paroles et des sourires qui vont droit à l'âme la plus endurcie.
A huit heures, John Colden avait donc reçu la visite d'un prêtre.