Isolés de la société qui les repousse avec une muette horreur, les bourreaux vivent à l'écart, parlent peu, et se livrent ordinairement à des études sérieuses.
La plupart sont sobres.
Calcraff rentrait de bonne heure, chaque soir, faisait un repas frugal et se couchait.
La veille des exécutions il ne soupait pas.
Ainsi John avait dit vrai. Ce soir-là, Calcraff s'était contenté d'une tasse de thé et s'était mis au lit avant huit heures.
Le gros oeuvre, comme on dit, concernait Jefferies.
Calcraff n'avait à se mêler que d'une chose, passer la corde au cou du condamné, lui rabattre le bonnet noir sur les yeux et le lancer dans l'éternité.
Quand il arrivait à Newgate, tout était prêt.
Calcraff dormit donc jusqu'à trois heures et demie du matin et ne se leva que lorsque la sonnerie d'un réveil placé sur la cheminée de sa chambre, se fit entendre.
Avant de s'habiller, il trempa ses bras jusqu'au coude dans un baquet d'eau froide et plaça sa tête sous un appareil hydrothérapique qui se trouvait dans le laboratoire et qui laissa pleuvoir dessus une gerbe glacée.