Mes forces s'épuisaient, mes oreilles bourdonnaient, j'avais du sang dans les yeux.
A force de marcher, j'étais arrivée à la porte de Saint-George, l'église des catholiques.
Là, mes yeux se fermèrent, en même temps que mes jambes fléchissaient, et je m'écriai:
—Mon Dieu! laissez-moi mourir, si telle est votre volonté, mais donnez du pain à mes enfants...
Un prêtre sortait de l'église en ce moment.
Il entendit mes dernières paroles, il vint à moi et me releva.
—Dieu est bon, me dit-il, et il n'abandonne jamais ceux qui s'adressent à lui.
Que voulez-vous, milady, poursuivit Ann avec émotion, j'oubliai en ce moment tout ce que les clergymen nous ont enseigné contre les prêtres catholiques.
Celui-là me donna le bras et voulut que je le conduisisse auprès de mes enfants.
En route, il entra chez un boulanger et il acheta du pain, puis chez un boucher et il y prit un morceau de viande, et enfin dans un public-house, où il se fit donner un pot de bière.