Sir Robert prit un plaisir extrême à montrer aux deux visiteurs la cellule dans tous ses détails, depuis le lit de sangle qui s'accroche au mur, jusqu'au bec de gaz qui donne de la lumière au prisonnier; depuis la tablette qui supporte ses effets, son peigne, sa brosse et son éponge, jusqu'à celle où il peut avoir une Bible et différents livres autorisés par le gouverneur.

Toutes les cellules ordinaires sont sur le même modèle.

M. Harris, qui servait d'interprète au Français, car sir Robert M... ne parlait que sa langue maternelle, exprima alors le désir de voir la salle de correction, puis les cachots des condamnés à mort.

La salle de correction est une petite pièce qui n'a rien de sinistre.

Les murs sont blancs, et elle est éclairée par trois croisées qui donnent sur le préau.

Mais il y a au milieu un petit meuble, un outil, un instrument, quelque chose enfin dont on ne peut deviner l'emploi et qui attire l'attention.

C'est une manière de boîte en forme de pupitre, surmontée d'une barre transversale qui lui donne l'air d'un prie-Dieu, et qui est percée de deux trous.

Et comme le Français regardait ce singulier meuble, sir Robert M... le prit par les épaules, le poussa tout contre et, tout aussitôt, il eut les chevilles prises dans le bas et les deux poignets engagés dans la barre transversale.

Alors le sous-gouverneur, riant de plus belle, lui dit:

—Quand vous retournerez dans votre pays, vous pourrez dire que vous avez été au block. C'est ainsi qu'on nomme cet instrument qui nous sert à donner le fouet aux pick-pockets.