—Ah! mon pauvre John, c'est pourtant l'orgueil qui m'a perdu. J'ai consenti, pour le vain plaisir de faire quelques heures le rôle de lord, à un esclavage qui met ma vie en danger.
—Il est certain, dit John toujours railleur, que Votre Seigneurie aurait été rôtie à petit feu, si elle n'était redevenue raisonnable.
—Mon bon John, poursuivit Shoking, j'ai encore moins peur de toi et des tiens que d'eux.
Et il souligna ce mot d'un geste d'effroi. S'ils savent que je les ai trahis, ils me tueront; je crois même qu'ils me couperont par morceaux.
—Et nous, si tu ne parles pas, nous te mettrons une pierre au cou et nous t'enverrons au fond de la Tamise deviser avec les poissons.
—Je parlerai, dit Shoking.—Mais il faut que vous me fassiez la promesse, de me protéger, de me défendre. Oh! il me vient une idée, acheva Shoking en se frappant le front.
—Voyons? fit John.
—Veux-tu me conduire tout de suite à Scotland yard? tu toucheras la prime... et moi je serai bien tranquille en prison. Les autres ne pourront pas venir m'assassiner à Newgate ou à Mil-bank.
—Je te conduirai à Scotland yard quand tu nous auras conduits à la maison où est John Colden.
—C'est impossible! dit Shoking.