D'un mot, Shoking avait éclairé la situation.

Une fois hors de danger, le vaniteux mendiant s'était pris à songer que jamais on n'avait vu un nègre devenir lord, et il avait déjà joué le rôle de lord Wilmot assez souvent pour y tenir.

De là ce désespoir auquel il était en proie.

Ce que regrettait Shoking désormais, c'était la ruine de ses espérances vaniteuses. Mais l'homme gris se hâta de lui dire: Console-toi, tout peut s'arranger. Tu ne t'appelleras plus lord Wilmot, mais tu peux: devenir le marquis de Valdemar-y Mendoza-y-Perez.

—Qu'est-ce que cela? dit Shoking ébloui par un titre pompeux.

—Un Brésilien fort riche, un mulâtre héritier d'un seigneur portugais et qui remue des millions et des pierreries. Et puisque je t'avais crée lord, rien ne m'empêche de te faire marquis. Il y a mieux, tu seras d'autant plus sérieusement marquis que personne, désormais, ne pourra plus reconnaître le mendiant Shoking.

Et Shoking, qui ne pleurait plus, finit par sourire, et l'homme gris murmura:

—O vanité! tu seras donc toujours la reine de ce bétail méprisable qu'on appelle les hommes.

Shoking n'entendit point ces paroles. Shoking songeait que les Brésiliens sont bardés de décorations, et que le grand cordon d'un ordre de l'Éléphant blanc ou noir, lui irait à ravir. Shoking était consolé.

XXVII