L'abbé Samuel frappa doucement à la porte de ce misérable rez-de-chaussée où grouillait toute la famille.—Entrez! dit une voix d'homme.
Le jeune prêtre eut un battement de coeur. Cette voix était celle du malheureux prisonnier pour dettes? La porte ouverte, le prêtre aperçut Paddy.
—Comment! dit-il en allant à lui et lui tendant la main, c'est vous?
—Oui, mon révérend, dit Paddy qui baisa la main du prêtre avec une vive émotion.
—Et libre! Vous ne vous êtes pas échappé?
—Non, on a payé pour moi.
—Allons! dit l'abbé Samuel avec un soupir de satisfaction, il y a toujours de nobles coeurs; même dans cette nouvelle Babylone qu'on appelle Londres.
—Ne me félicitez point, mon révérend, dit Paddy en courbant la tête, si vous saviez de qui je tiens ma liberté. Et se tournant vers sa femme et ses enfants qui étaient venus baiser, eux aussi, les mains de leur bienfaiteur:—Allez vous-en, dit-il durement: toi, femme, va acheter du pain, et vous autres, allez jouer; il faut que je reste seul avec notre révérend.
La femme et les enfants sortirent sur-le-champ et sans faire la moindre observation.
L'abbé Samuel était étonné et inquiet de l'attitude morne et presque désolée de Paddy. Qu'était-il donc arrivé et qu'allait lui dire cet homme? Paddy baissait la tête.