Enfin, quand le bruit de la porte se refermant lui apprit qu'ils étaient seuls, il dit:
—Je suis Anglais et de la religion anglicane; mais sans les Irlandais et vous, qui êtes un prêtre catholique, ma femme et mes enfants seraient morts de faim. Je ne veux donc pas faire de tort à l'Irlande et à vous, mon révérend, qui êtes notre bienfaiteur.
J'étais donc en prison pour la somme de dix guinées. Ce n'est rien pour beaucoup de gens, mais pour des gens comme nous, cela équivaut à tous les trésors de l'Angleterre.
Hier soir, comme on allait fermer les portes de White-cross, nous entendons la cloche du dehors.
Les hommes ne sont pas bons naturellement, mais le malheur les rend tout à fait méchants. Il y avait autour de moi des prisonniers endurcis qui me raillaient d'un bout à l'autre du jour, parce que je pleurais en songeant à ma femme et à mes enfants.
—Tiens, dit l'un, voici ta femme qui vient payer ta rançon. Et tous de rire, et moi de me remettre à pleurer. Ce n'était pas ma femme qui venait, mais c'était bien pour moi qu'on avait sonné.
Le père Goldmish m'appelle; je me lève étonné.
—On vient de payer pour vous, me dit-il.
Je croyais qu'il se moquait de moi. Mais il a bien fallu me rendre à l'évidence, quand j'ai vu arriver Nichols.
—Qu'est-ce que Nichols? demanda l'abbé.