—Il faut cependant qu'ils règnent.

Ils avaient bien tout fait pour mécontenter et décourager la nation, en ramenant avec eux les traditions mortes du passé avec le drapeau blanc, le droit divin, la vieille routine du bon plaisir, l'ostracisme des libéraux, le favoritisme des émigrés, les Étrangers de l'intérieur, et ministres ad hoc.

Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.

On m'écoute: «C'est le commencement de la fin. Le désespoir ne réussit jamais. Tout est possible à Paris pour un moment; tout est impossible contre l'Europe. Bonaparte ne reprendra pas ses bottes de 95; il passera sur la France sans la posséder et sans la soulever, ni pour ni contre lui. Il finira comme un aventurier. C'est un cadavre, seulement il ne sent pas encore mauvais. Sus à Bonaparte, sans rien attendre ni rien entendre. Messieurs, vous pouvez tirer sur lui une traite à quatre-vingt-dix jours.»

Cet épisode fantastique tient de la féerie. Pendant que Louis XVIII, de sottise en sottise, s'enfuit jusqu'à Gand, l'Aigle vole de clocher en clocher jusqu'aux Tours Notre-Dame. Le 1er Mars, Napoléon débarque au Golfe Juan, le 5 il est à Gap, le 7 à Grenoble, le 10 à Lyon, le 15 à Avallon, le 20 à Paris.

Le Moniteur est instructif: L'Ogre de Corse a quitté sa tanière. L'Usurpateur est à Grenoble. Bonaparte est arrivé à Lyon. Napoléon marche sur Paris. Sa Majesté Impériale et Royale a fait son entrée dans la capitale aux acclamations de ses fidèles sujets.

Dès le 25 mars, les Quatre grandes puissances ont résolu d'en finir, et le rendez-vous est sur le Rhin pour les premiers jours d'Avril.

Napoléon propose la paix universelle. Si son armée n'était pas un troupeau, il ne jouerait pas le Loup devenu berger.

On apprend la défection d'un Maréchal. Sa montre avance.

Vers l'époque de l'Invasion, les artistes les plus distingués de Paris, pour se dispenser de monter la garde, s'engagèrent dans la musique de l'état-major, dont Méhul, Cherubini, Berton et Paër étaient capitaines. Nicolo était clarinette, Boïeldieu, chapeau-chinois, Nadermann, grosse caisse, Tulou, fifre, etc. Tous ces admirables talents frappant, soufflant à qui mieux mieux, formaient une cacophonie épouvantable.