—Sémonville engraisse? Je ne comprends pas; non, je ne comprends pas quel intérêt Sémonville peut avoir à engraisser.
Ferrand arrive à la Chambre, appuyé sur deux laquais. C'est l'image du gouvernement, il croit marcher et on le porte. Dans un salon ultra, comme je faisais remarquer qu'on voulait ramener l'ancien régime et que c'était un rêve, M. de Sallabery me dit:
—Oh! monseigneur, ce serait folie de songer à vous refaire Évêque d'Autun.
Les caricatures me représentaient souvent une crosse à la main. C'était bien inoffensif.
—Que voulez-vous, monsieur, je ne suis plus de ce temps; sous l'Empire, on était fort en retard et on ne faisait que des merveilles; depuis la Restauration, on fait des miracles.
La riposte montre que j'étais piqué. La maîtresse de la maison, voulant couper les chiens, me demanda ce qui s'était passé au Conseil.
—Madame, il s'est passé trois heures.
L'Hôtel Talleyrand.
Ma disgrâce est complète, la cour m'est fermée, et j'entrevois l'exil en perspective. Je fais, comme toujours, bon visage à mauvais jeu, mais je ne jette pas les cartes. Au lieu d'imposer ma présence à la cour, j'élève autel contre autel. J'ai fait inscrire en lettres d'or sur ma porte-cochère: Hôtel Talleyrand. C'est le quartier-général de l'Opposition, et je me déclare chef des Indépendants.
Mon jour de réception est le mercredi; c'est celui du duc Decazes, ministre de la police, et c'est à mon tour de faire des niches.