M. de Bacourt a-t-il transcrit le Manuscrit autographe, le texte original? Sa copie est-elle complète, fidèle et littérale? Est-ce une version tronquée, arrangée et interprétative?
Cruelle énigme.
M. de Bacourt a-t-il détruit le Manuscrit autographe de Talleyrand? De quel droit, en vertu de quelle disposition?
Dans cette hypothèse, c'est que la copie n'était pas conforme à l'original, et qu'il en faisait ainsi disparaître la preuve.
On sera bien avancé quand on aura contemplé, dans une Bibliothèque, les quatre volumes en peau de l'écriture de M. de Bacourt. Ils doivent être tenus en suspicion tant qu'on ne pourra pas collationner sa Copie avec l'Original de Talleyrand.
Voilà ce qu'il faut savoir et ce qu'on ne dit pas. Voilà la Question, et il n'y en a pas d'autre.
Les Mémoires de M. de Bacourt n'intéressent personne; ce ne sont pas là les Mémoires de Talleyrand. M. de Broglie répond à cela: «La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a.» Erreur: Elle donne ce qu'elle n'a pas ou ce qu'elle n'a plus. Le manuscrit autographe, c'est le Capital; la copie, ce n'est pas même l'usufruit ou le revenu.
D'où je conclus que si la Confession de Talleyrand n'est pas authentique, les Mémoires du Prince de Talleyrand le sont encore moins.
Lamartine a dit sentimentalement:
Son cercueil est fermé, Dieu l'a jugé, silence!