Après avoir roué ses contemporains pendant sa vie et essayé de rouer Dieu lui-même le jour de sa mort, Talleyrand n'a pas roué les hommes d'un siècle trop vieux pour le lire; mais on peut dire qu'il les a profondément ennuyés, ce qui doit être compté comme une suprême mystification de ce Mercadet diplomatique surfait, que Châteaubriand a démasqué, percé à jour et marqué d'infamie.
Non seulement ses Mémoires sont insignifiants et vides, sans valeur et sans intérêt; mais ils sont faux. Ils commencent par un mensonge parfaitement inutile sur son infirmité, qu'on ne lui aurait assurément pas reproché de passer sous silence.
Et non seulement ils sont faux, mais ils ne sont pas authentiques, et nous usons simplement du droit d'historien pour résumer la polémique générale des journaux par les Questions suivantes:
M. de Broglie a-t-il le Manuscrit autographe des Mémoires de Talleyrand?
Non. Il est le légataire d'un legs qui n'existe que sous bénéfice d'authenticité, ou qui n'existe pas du tout.
Le Manuscrit autographe de Talleyrand existe-t-il?
On l'ignore.
Quel est le Manuscrit dont le Times a donné des fragments? Quel en est le détenteur qui l'a communiqué? Pourquoi la publication a-t-elle été interrompue?
Mystère.
Les Mémoires ont été imprimés d'après une Copie de la main de M. de Bacourt, formant quatre volumes reliés en peau.