—Oui, c'est bien cela, courte et obscure.
Dans l'été de 1801, je suis obligé d'aller aux eaux, et j'écris à Bonaparte, de Bourbon-l'Archambault:
Je pars avec le regret de m'éloigner de vous, car mon dévouement aux grandes vues qui vous animent n'est pas inutile à leur accomplissement. Du reste, quand ce que vous pensez, ce que vous méditez et ce que je vous vois faire ne serait qu'un spectacle, je sens que l'absence que je vais faire serait pour moi la plus sensible des privations.
1801.—Traité de Lunéville.—La mort de l'empereur de Russie, Paul Ier, empêche la marche de l'armée franco-russe contre les Colonies anglaises.
Toujours des apoplexies; ils devraient bien changer un peu.
C'est avec une escadre qu'il faut parler à l'Angleterre.
1802.—L'omelette du Concordat ne s'est pas faite sans casser des œufs.
J'y gagne le retrait de l'excommunication lancée sur ma tête depuis la Révolution. Un bref du pape me donne l'autorisation, que je m'étais accordée tout seul, de rentrer dans la vie civile; mais le sous-entendu de mon mariage a été désavoué.
Bonaparte est Consul à vie.
J'ai toujours joué à la Bourse avec des nouvelles sûres, et cela ne m'empêchait pas de perdre quelquefois. C'est ce qui m'arriva pour le Traité d'Amiens. C'était mon œuvre; je jouai à la hausse sur cette carte maîtresse, et la Bourse baissa de 10 francs. Voilà un exemple rare du résultat des calculs de la prudence humaine. Quelle loterie que ce monde. Enfin il y a des numéros gagnants, puisqu'on y perd.