M. de Beaumont, chambellan de service, annonça: «Madame la maréchale Lefebvre.»
L'Empereur alla au-devant d'elle et lui dit: «Bonjour, madame la maréchale, duchesse de Dantzick», titre que M. de Beaumont avait oublié.
Elle se retourna précipitamment du côté de ce dernier, en riant, et lui cria à tue-tête: «Ah! ça te la coupe, cadet!»
Une autre fois, à dîner chez moi, elle me fit ce compliment dénué d'artifice:
—Bon Dieu, vous nous avez donné un fier fricot; cela a dû vous coûter gros.
Je ne voulus pas être en reste:
—Ah! madame, vous être ben honnête, ce n'est pas le Pérou.
Ce jour-là, le général M... arriva en retard. Attendre empêche de dîner, mais dîner n'empêche pas d'attendre.
—Eh bien, eh bien, vous, venir le dernier; on voit bien, mon cher Bayard, qu'un dîner n'est pas pour vous un champ de bataille.
L'Empereur considère les femmes comme des joujoux, et il les casse. Il règle toutes les fêtes, veut qu'on s'amuse à la cour et s'étonne de voir des visages allongés; mais le plaisir ne se mène pas au tambour et les dames comme des grenadiers. Je plains les chambellans, qui s'évertuent à amuser l'inamusable: «Mesdames, l'Empereur ne badine pas; il veut qu'on s'amuse: En avant, marche!»