Sur ce fait bien connu, chacun devine d'avance ce que je pourrais dire…
Il ne saurait me convenir de m'étendre là-dessus. La vieillesse est excusable dans ses égarements, et une soixantaine de millions qui s'évadent, ici-bas, trouvent bien des complicités.
Mais, vraiment, qui trompe-t-on, et de qui s'est-on joué? Les airs de vertu sont étrangement de circonstance, chez certains qui prêtèrent la main à un étonnant favoritisme, au détriment des héritières naturelles du Roi.
Oublions cela, cependant. Ne retenons que le fait matériel, qui établit que le Roi a voulu déshériter ses filles.
Etait-ce, en droit et en morale, à la Belgique à s'associer à cette erreur et à cette illégalité?
N'avait-elle pas une autre conduite à tenir à mon égard et à celui de mes sœurs?
Je le demande au Roi, comme s'il était là, dans l'entière possession de ses facultés, au Roi, éclairé par la Mort.
Je le demande aux braves gens, mes compatriotes.
Je le demande aux Juristes du monde entier.
Je le demande à l'Histoire.