Je passerai rapidement sur ces hontes et douleurs, et n'en dirai que le nécessaire pour que la haute et pure figure du Comte, soldat qui pourrait, sans peur et sans reproche, comparaître devant un tribunal de soldats, soit enfin connue.

Ici, je me borne à déclarer que, dans le drame inouï des persécutions incessantes dont, jusqu'à la victoire de l'Entente, j'ai eu à souffrir depuis 1897, les maisons impériales de Berlin et de Vienne furent l'appui, la force, des divers attentats, pressions et violences, diffamations et calomnies qui auraient dû me perdre à jamais, si, d'instinct, l'opinion publique ne s'était révoltée.

Et elle ne savait rien du dessous des choses!

Fortifiée de sa sympathie, j'ai pu résister. La justice est lente, mais elle vient.

Je l'ai fait dire à Guillaume II, lorsque les principaux aliénistes autrichiens, se refusant à me reconnaître folle, on trouva enfin, en Allemagne, une maison de fous où m'enfermer pour toujours: «Complice du crime, tu en subiras le châtiment.»

Je songeais que l'homme qui s'associe au forfait de pousser une créature consciente dans l'abîme de la folie, devait être capable d'autres abominations. Je ne pouvais croire qu'il ne fût point puni.

C'est fait.

Le même coup a frappé la compagne de sa vie, si dure aux fautes des autres, si intransigeante du haut de sa vertu antichrétienne. Elle seule, ennemie de son prochain, eût suffi à déchaîner la guerre, car le pire des esprits belliqueux est l'esprit d'intolérance.

On ne le sait pas assez: au fond, l'horrible conflit de 1914-1918 n'a été qu'un effet de l'impitoyable haine antihumaine de la Prusse luthérienne, dévorée de l'envie de dominer, de régir, d'opprimer.

La négation a fait la guerre. Seule, la croyance fera la paix.