Que la Belgique et la France le sachent bien: la Prusse tenait l'Allemagne, mais l'Allemagne ne l'aimait point.
On ne prendra l'Allemagne que par la confiance et l'affection.
Les catholiques, non moins généreux que les socialistes, sincères, quoique pour la plupart indifférents au divin, devraient donner l'exemple des rapprochements nécessaires. Les évêques auraient un grand rôle à jouer. Des Congrès religieux, des pèlerinages illustres pourraient être des lieux de rencontre.
Avant de mourir, je voudrais voir des Allemands, des Belges, des Français s'unir devant le même Dieu de bonté, dans une même foi et une même espérance et, par amour de sa Loi, échanger le baiser de paix.
XIII
LA COUR DE MUNICH ET L'ANCIENNE ALLEMAGNE
Chaque fois que j'ai séjourné à la cour de Munich, j'ai regretté de ne pas avoir vu de près, jadis, Louis II. Quand j'aurais pu le connaître, il était déjà retiré dans ses rêves et ses châteaux.
Comme Rodolphe de Habsbourg, il fut saisi d'un intense mépris, non de l'humanité, mais de ceux qui la mènent. Il ne se réfugia pas dans le suicide, du moins volontaire. Il se créa un paradis d'art et de beauté, et prétendit s'y perdre au-dessus de ce qui le séparait de son peuple qu'il aimait et dont il était aimé.
Je l'ai entrevu une fois, passant dans le Parc de Munich, en carrosse de gala, précédé de piqueurs fastueux, et seul, très grand, immobile, derrière les glaces biseautées encadrées d'or.
Apparition étonnante, et que la foule saluait sans qu'il parût la voir.