Je parle ici du théâtre dramatique.
Les œuvres et les représentations du théâtre lyrique me paraissent, dans l'ensemble, plus remarquables, et les troupes plus consciencieuses, en Allemagne et en Autriche, voire en Italie, qu'en France.
En dehors de Paris et de Monte-Carlo, il ne faut guère s'attendre à trouver, dans le plus aimable pays du monde, ce qu'on a si bien dans tant de villes secondaires, en pays germanique: un théâtre confortable, de bonne musique et de bons chanteurs.
Bien étranges, ces différentes dispositions des peuples. Celui-ci est plus musicien; celui-là, plus littéraire; celui-ci, plus philosophe; celui-là, plus imaginatif; comme si la Providence, en mettant des diversités dans les races et les caractères, avait voulu enseigner aux hommes qu'ils doivent mettre en commun leurs différents dons, pour être heureux sur terre.
Mais elle a négligé de les faire moins sots et moins méchants.
III
LA REINE
La Reine était fille de Joseph-Antoine-Jean, Prince royal de Hongrie et de Bohême, archiduc d'Autriche (dernier Paladin, grandement vénéré des Hongrois) et de sa troisième femme, Marie-Dorothée-Guillelmine-Caroline, Princesse de Wurtemberg.
Fiancée au prince Léopold, duc de Brabant, héritier du trône de Belgique, Marie-Henriette d'Autriche l'épousa, par procuration, à Schönbrunn, le 10 août 1853, et, en personne, comme dit le Gotha, à Bruxelles, le 22 du même mois.
Par ce mariage, la Maison de Belgique, déjà apparentée aux Maisons de France, d'Espagne, d'Angleterre et de Prusse, se trouvait alliée aux familles régnantes d'Autriche-Hongrie, de Bavière, de Wurtemberg, etc.