On objecte mes «dépenses», mes «prodigalités», mes «dettes», et mon «abandon à mon entourage de mes intérêts et de ma volonté».
Raisonnons, en passant, ces «étrangetés» et ces «faiblesses».
Il est parfaitement exact qu'à certains moments, j'ai fait des dépenses exagérées. J'ai dit et je répète que c'était un moyen de me revancher des contraintes et petitesses d'une avarice oppressive.
Certaine, ainsi que je l'ai indiqué, que dans l'ordre naturel des choses, une fortune considérable devait me revenir, j'ai cédé aux offres, pour ne pas dire aux assauts de la tentation.
On a parlé de sommes fantastiques. Je calcule que je n'ai pas dépensé dix millions depuis 1897, époque du début déclaré de mon effort de libération.
On a donné des chiffres supérieurs, mais il faut faire la part des exagérations des spéculateurs et usuriers qui sont venus, envoyés souvent par mes ennemis, pour servir leur thèse, et témoigner de mes «folies», après m'avoir doucereusement vendu des crocodiles empaillés.
On connaît l'histoire édifiante de ce créancier allemand soutenant, à Bruxelles, devant les arbitres chargés de payer mes dettes sur des fonds provenant de la succession du Roi, une réclamation de sept millions de marks ramenés à zéro après enquête et vérification de ce qu'il prêta réellement et reçut par la suite.
Si je m'abaissais à écrire l'histoire des manœuvres de toute sorte, imaginées contre mon indépendance, et tendant à me rejeter dans l'impossibilité d'être et d'agir, on dirait: «Ce n'est pas possible; c'est du roman!»
Les romans les plus invraisemblables, on ne les publie jamais. La vie seule se charge de les faire.
Qu'on veuille bien réfléchir; je devais opter: ou l'esclavage, ou l'emprisonnement parmi les fous; ou bien la fuite et, par elle, la défense.