Une vapeur vaine
Veine
Le couchant blêmi,
Et semble au bord d'une
Dune,
Un flot endormi.

La nuit qui l'apaise,
Pèse
Sur l'homme qui dort,
Et le ciel s'étoile,
Toile
D'azur aux points d'or.

Cependant le tremble
Tremble,
Lorsqu'en voltigeant,
Une folle brise
Brise
Ses feuilles d'argent.

Quelque pauvre hère
Erre
Dans la Mitidja,
Et, dans le silence,
Lance
L'air de Kadoudja.

Dans la diaprée
Prée,
Du ruisseau mutin
L'onde trébuchante
Chante
Son air argentin,

Et l'herbe entr'ouverte,
Verte,
Frange ses réseaux,
Où l'eau qui roucoule,
Coule
Parmi les roseaux.

Le sol uniforme
Forme
Un tapis ouaté,
Dont la ronce aride
Ride
L'uniformité.

Là, le cactus perse
Perce
L'aloës en fleurs;
La ronce jumelle
Mêle
Ses piquants aux leurs.

Bien que leur ensemble
Semble
Au hasard éclos,
Leur triple ramure
Mure
De pauvres enclos.

L'Arabe en maraude
Rôde
Dans les alentours,
Et suit de malignes
Lignes,
Pleines de détours.