M. Alphonse me tira dans l’embrasure d’une fenêtre, et me dit en détournant les yeux: «Vous allez vous moquer de moi… Mais je ne sais ce que j’ai… je suis ensorcelé! le diable m’emporte!»

La première pensée qui me vint fut qu’il se croyait menacé de quelque malheur du genre de ceux dont parlent Montaigne et madame de Sévigné:

«Tout l’empire amoureux est plein d’histoires tragiques», etc. Je croyais que ces sortes d’accidents n’arrivaient qu’aux gens d’esprit, me dis-je à moi-même.

«Vous avez trop bu de vin de Collioure, mon cher monsieur Alphonse, lui dis-je. Je vous avais prévenu.

— Oui, peut-être. Mais c’est quelque chose de bien plus terrible.»

Il avait la voix entrecoupée. Je le crus tout à fait ivre.

«Vous savez bien mon anneau? poursuivit-il après un silence.

— Eh bien! on l’a pris?

— Non.

— En ce cas, vous l’avez?