— Non… je… Je ne puis l’ôter du doigt de cette diable de Vénus.

— Bon! vous n’avez pas tiré assez fort.

— Si fait… Mais la Vénus… elle a serré le doigt.»

Il me regardait fixement d’un air hagard, s’appuyant à l’espagnolette pour ne pas tomber.

«Quel conte! lui dis-je. Vous avez trop enfoncé l’anneau. Demain vous l’aurez avec des tenailles. Mais prenez garde de gâter la statue.

— Non, vous dis-je. Le doigt de la Vénus est retiré, reployé; elle serre la main, m’entendez-vous?… C’est ma femme, apparemment, puisque je lui ai donné mon anneau… Elle ne veut plus le rendre.»

J’éprouvai un frisson subit, et j’eus un instant la chair de poule. Puis, un grand soupir qu’il fit m’envoya une bouffée de vin, et toute émotion disparut.

Le misérable, pensai-je, est complètement ivre.

«Vous êtes antiquaire, monsieur, ajouta le marié d’un ton lamentable; vous connaissez ces statues-là… il y a peut-être quelque ressort, quelque diablerie, que je ne connais point… Si vous alliez voir?

— Volontiers, dis-je. Venez avec moi.