[Note 5: ][ (retour) ] Voir un passage de la lettre VIII où il est parlé d'une aventure arrivée à Fontainebleau, dont le prince de Nassau fut le héros.
L'Angleterre commence, à ce qu'il me semble, à regarder la question avec un peu moins de prévention. Je crois que Persigny sera utile pour démentir les mensonges du Times, et, s'il se peut, renouer l'alliance. S'il ne réussit pas, je crains bien que la guerre ne soit longue et que tout le monde ne s'en mêle à la fin. Si l'Angleterre se sépare de nous, tenez pour certain que nous verrons les Russes à Constantinople.
Adieu, mon cher Panizzi; nous sommes tous dans l'anxiété. Si vous trouvez un moment, donnez-moi de vos nouvelles.
XVII
Paris, 27 mai 1859.
Mon cher Panizzi,
Rien de nouveau du théâtre de la guerre, si ce n'est les progrès de Garibaldi, qui commence à courir les environs de Varèse. J'envie les émotions pittoresques de ce gaillard-là.
Tous les rapports sur le combat de Montebello rendent hommage à la bravoure de nos gens, qui se sont battus un contre trois et ont pris un village fortifié! Mais l'empereur est furieux contre un de ses généraux qui a oublié le premier principe de la guerre, lequel est de marcher au canon. Il y avait, à neuf kilomètres de Montebello, quatre mille chevaux français qui n'ont pas bougé. Nul ordre n'est venu. S'ils fussent arrivés à la fin de l'affaire, ils auraient ramassé peut-être tout le corps du comte de Stadon. Au reste, la division du général Forey était la moins bonne de toutes; de plus, elle avait détaché ses grenadiers et ses voltigeurs. Ce sera une autre affaire quand les Africains et la garde s'en mêleront.
L'esprit public est ici toujours bon. Les salons même sont convenables. Beaucoup de jeunes gens riches sont à l'armée, et les légitimistes disent que, quoi qu'il arrive, il faut défendre le drapeau.