Un de mes amis qui revient d'Italie m'a dit que dans une petite guerre qui a eu lieu près de Vicence dernièrement, on avait fait manoeuvrer un régiment autrichien devant un régiment de Trente. Quand on a exécuté les feux, les Tyroliens ont mis des cailloux et des clous dans leurs fusils, et il y a eu une trentaine d'Autrichiens tués ou estropiés.

La diète de Hongrie, qui en est à se demander si le fou qui est à Prague n'est pas l'empereur légitime, me paraît bien drôle. Mais tout est drôle en ce monde depuis quelque temps. Il est évident que la question des nationalités est à présent ce qu'était la réforme religieuse au XVIe siècle, une grande et belle idée revêtue de formes assez niaises.

Nous avons eu une séance du comité de l'exposition chez le prince, mais ce n'était que pour faire connaissance les uns avec les autres. Rien n'a été fait encore. Je voudrais bien que vous fussiez membre du jury anglais, malgré les capitulations de conscience que cela vous coûterait.

Adieu, mon cher Panizzi. Tenez-vous en joie et santé.

LXXV

Paris, dimanche 9 juin 1861.

Mon cher Panizzi,

Un mot seulement. Je n'ai pas attendu votre lettre pour mettre dans le discours que je lirai demain [13] une remarque sévère sur le passage du rapport Bonjean qui vous regarde. Vous le lirez mardi. Je suis trop fatigué et trop pressé pour vous en dire davantage.

[Note 13: ][ (retour) ] A propos de la pétition de madame Libri.