On dit que l'élection de Walewski sera vivement contestée, et qu'elle a eu lieu avant qu'il eût donné sa démission de sénateur. L'animal aime tellement l'argent, qu'il n'a pas donné sa démission, de peur de perdre ses trente mille francs, s'il n'était pas nommé.
Le comte X…, mort à Rome, cardinal ou je ne sais quoi, a laissé toute sa fortune à son secrétaire qu'il aimait comme Shakespeare aimait le comte de Pembroke. Grand ennui de ses sœurs.
Adieu, mon cher Panizzi ; je vous ai mis aux pieds des princesses, comtesses, etc., etc. Elles vous font leurs remerciements et compliments.
LVII
Biarritz, 21 septembre 1865.
Mon cher Panizzi,
J'ai été mandé ici par le télégraphe, et j'ai eu tant de choses à faire avant de partir, que je n'ai pu vous écrire un mot avant de me mettre en route. J'ai voyagé avec M. de Persigny, qui va en Espagne.
Tout le monde se porte bien, excepté l'impératrice, qui souffre toujours un peu de la gorge. Je crains que l'air de la mer ne soit pas très bon pour elle. L'empereur et le prince impérial sont parfaitement bien. Le prince a grandi, sa figure s'est un peu allongée. Il est toujours aussi actif et aussi gentil que vous l'avez connu. Il m'a demandé de vos nouvelles, ainsi que Leurs Majestés, et cent cinquante pourquoi? à l'occasion de votre retraite. J'ai dit que vous étiez devenu philosophe et paresseux, mais que cela ne vous empêcherait pas de venir faire votre cour quand vous passeriez par la France.
Madame de Labedoyère et madame de Lourmel sont de service avec Varaignes, de Caux, etc. On attend la princesse Anna demain ou après.
Le temps, qui était magnifique au moment de mon arrivée, s'est brouillé cette nuit, et nous avons un peu de pluie aujourd'hui. Nous serions cuits, si elle n'était pas tombée. M. Fould est venu hier et occupe votre chambre.